Prologue.
Cette nuit, j'ai fait un cauchemar. Il y avait un grand château, il avait une longue tour crochu, mais surtout, il pleuvait à boire de bout. Le château était entouré d'un grand marais, le château paraissait inaccessible. A l'intérieur pourtant, il y avait ma mère, elle avait un pansement autour de la tête. Elle avait un visage sans expression et fermait souvent les yeux. Elle était toute vêtue de blanc. Un blanc pur et clair. Elle se tenait de bout devant la seule fenêtre du grand château. Elle était ouverte et laissait passer des grandes rafales de vent glacé. Elle ne semblait pas avoir froid. Elle avançait tranquillement vers la fenêtre. Ses pas ne faisaient aucuns bruits, comme un fantôme. Elle s'appuya sur le bord de la fenêtre, avant de regarder dans ma direction et de se jeter dans le vide. Il n'eut aucun boum, ni même paf, non. Je me suis simplement réveillée, le corps en sueur et la peur au ventre. Il était 3 heures 25, ça faisait maintenant trois jours que ma mère était morte dans un accident d'auto.
Chapitre premier.
Il est sept heures. Je me lève péniblement. La nuit à été longue, mon cauchemar fut suivit d'une incontrôlable crise de larme, si forte que je dus aller dormir avec mes frères. Ils m'ont tout de suite prit avec eux. Avant la mort de maman, nous étions tous très proches, mais aujourd'hui, j'ai plutôt l'impression que on essai tous de cacher notre peine au autres. Papa lui ne nous cache pas sa peine, pas du tout en fait. La plus part du temps, il reste assit dans le salon, le regard fixé sur une photo de maman, sans dire un mot. Celui qui prend le mieux la mort de ma mère, c'est Jessy, mon demi-frère, c'est le fils de papa, il est venu nous aider. D'habitude, il est à Toronto pour étudier. Il a 25 ans, papa l'a eu à 15 ans. Je suis la seule fille d'une famille de 5 enfants, si on ne compte pas mon demi-frère. Kyle a 17 ans, d'habitude, il est bout en train et n'arrête jamais de parler, comme un peu tout le monde ici, mais depuis l'accident, il est totalement muet. William a 16 ans, c'est le plus réservé, mais ses derniers jours c'est lui qui parle le plus. Mathieu a 15 ans, comme moi, c'est mon jumeau même si nous ne sommes pas du tout identiques. Il a prit la mort de maman comme moi, un choc énorme, depuis il s'emporte très vite. Le petit dernier c'est James, il pleure plus que nous tous, en fait c'est probablement le seul de nous tous qui a vraiment comprit que maman ne reviendrait pas. Jamais. Alentours de moi, les gars se préparent pour un Lundi matin normal, notre premier jour d'école depuis le départ de maman. La première fois que l'on va voir nos amis, les premières fois que l'on va se faire dire des condoléances par des gens que l'on ne connaît pas mais qui ont entendu parler de l'accident. Enfin, qui n'en a pas entendu parler ? Ça a fait la première du télé journal de 17 heures, un drame sur l'autoroute, un chauffard saoul, une petite voiture contre un camion, la voiture en feu, la dame meurt à l'intérieur. Voilà. Je vais dans ma chambre et prend quelques vêtements. Je ne sais pas trop quoi porter, d'habitude je porte des couleurs, mais je n'en ai pas envi aujourd'hui. J'enfile un pantalon cigarette avec un tee-shirt bleu foncé que je camoufle derrière un épais gilet de coton ouaté. Je mets mes converses mauves et je sors de ma petite chambre. D'habitude, je ne suis pas seule dans ma chambre, j'ai James et Math avec moi, mais ils préfèrent dormir avec les autres ses temps-ci. Dans la cuisine, tout le monde fait sa routine sans un mot.
Il est 8 heures presque pile. Nous sortons tous dehors pour marcher vers l'école, elle est assez loin mais pas assez pour qu'on puisse prendre l'autobus. Il fait un froid qui mord les joues. On marche assez vite sans se piler sur les pieds. Devant l'école, il y a plein d'élèves, ils nous regardent comme des extra-terrestres, pourtant nous n'avons rien de changer, juste que nous n'avons plus notre mère, et ça arrive à tout le monde tôt ou tard. On se souhaite bonne chance, même si on sait très bien qu'à l'exception de nos cours, on est presque tout le temps ensemble. On avance. Je vais vers mon casier que je partage avec ma meilleure amie, Alex. Elle m'attend déjà là, les yeux pleins d'eau. Je n'ai même pas le temps d'arriver qu'elle me prend dans ses bras. La savoir avec moi me réconforte, mais m'emplis aussi de tristesse.
-Je sais c'est déplacé comme question mais... tout va bien ? me demanda-t-elle simplement.
-Je me sens vide, sans vie. J'ai pleuré toute la nuit, je suis morte de fatigue et le visage des gens alentour m'agace. J'ai plus de mère, je ne l'est pas tuer, elle est morte a cause d'un chau... chauffard con qui... qui... qui... se croyait tout permis. Répondis-je en sanglotant.
Alex ouvrit le casier à ma place et y plaça mes affaires. Nous avons rejoins les autres tout de suite après. Nous n'avons même pas commencé à discuter que la cloche sonna, annonçant le début des cours. Je retournai à mon casier, prit mes choses et je montai dans ma classe de Math. C'est mon cours préféré, j'ai l'impression que le prof comprend tout ce que l'on vit. Je m'assoie à ma place. La deuxième cloche sonne. C'est le début des classes. Plusieurs élèves se tournent vers moi, et ça me rend très mal à l'aise. J'ai qu'une envie : fondre en larmes, mais je sais que ça ne règle rien. Le prof prend les présences, mais contrairement à l'habitude, personne ne parle, ne rit ou fait de bruit. Tout le monde essai de me regarder sans que ça paraisse. Le prof regarde le tableau. Il a inscrit le menu du cours dans le coin droit, comme d'habitude. Il avance vers le menu et le raye. Il se tourne.
-On fera tout ça plus tard. Je veux que l'on parle. Comme vous savez tous... il prend une pause et me regarde, comme s'il attendait mon approbation, je lui fais un petit oui de la tête. La mère d'Olivia a eu un accident de voiture vendredi... et comme on le voit dans votre regard, vous êtes tous curieux. On va en parler. Olivia, si tu veux tu peu partir.
-Oui s'il-vous-plais.
Il se lève et va ouvrir la porte. Je prends mes choses et je sors. Je vais m'asseoir dans la salle des casiers. Je ne peux pas m'en empêcher, je me mets à pleurer. Je me sens vraiment seule. Normal, je le suis. Je sanglote quelques minutes avant de sécher mes larmes. Il est 9 heures 20. Le premier cours se termine à 10 heures 10. J'ai donc amplement le temps d'errer dans l'école. Je prends mes choses, je ne les avais même pas mises dans mon casier, et vais les ranger. Dans la rangée, ils y a un gars qui me fixe. Je ne le connais pas. Il me regarde avec pitié. Ah oui c'est vrai, j'avais presqu'oublier que ma mère est morte, merci de me le rappeler. Je prends mon manteau et l'enfile. Je vais aller prendre un peu d'air frais.
* * *
Il est 10 heures, je rentre dans l'école, le premier cours va bientôt se terminer, après il y a une période d'étude de trente minutes avec notre prof de la première. Je vais y aller, de toute manière je ne sais pas se que je ferais d'autre. La pause entre les deux périodes est de 5 minutes, j'aurais donc pas le temps de parler avec mes amis... La cloche sonne et tous les élèves descendent les marches bruyamment. Je suis déjà en train d'enlever mon manteau quand ils arrivent. Je le range et prend mon matériel pour la période d'étude. Je monte avant la cloche, pour ne pas être prise dans tous les bouchons humains. Je suis devant la classe, la porte est ouverte. Il y a quelques élèves assis en rond. Certains pleurent, d'autre essayent de contenir leurs larmes. C'est facile à deviner, ils n'ont pas finis leur « discussion ». J'entre quand même et vais poser mes choses sur mon bureau. Je prends une chaise dans le cercle. J'écoute les autres parlers. Une fille, Marie, parle de la mort de son grand-père. Elle pleure à chaude larmes, comme si elle évacuait toute la peine qu'il restait malgré les années. La cloche sonne. Les autres élèves se placent avec nous dans le cercle. Tous restent en silence et écoutent Marie. Le prof a eu une bonne idée. Il est juste à côté de moi à réconforter un gars qui pleure, pour une fois personne n'a peur de pleurer. Marie a terminé. Je décide de prendre la parole.
-Je vais vous parler de ma mère. Elle est morte vendredi soir. Depuis ce temps là je me sens vide. C'est la première et dernière fois que je vais parler de l'accident en public. Elle s'est faire rentrer dedans par un gars chaud. PAF. Elle est morte brulée, dans la voiture. Demain, je ne viens pas en classe. C'est le service. J'ai aucune envie d'y aller juste parce que je ne sais pas à quoi sa sert, de toute manière elle n'entend pas ce qu'on lui dit. Quand la police est arrivée à la maison, je me suis dit qu'ils étaient probablement venus pour vérifier si on avait bien un extincteur ou un truc comme ça, mais non. Dès que le policier à commencer à bégayer un « êtes-vous la famille Adams ? » j'ai voulu courir le plus loin possible. Mais j'ai tout entendu quand même. Voilà.
J'ai dit tout ça sans émotions. Je ne veux plus parler de ma mère. Ça me rappelle qu'elle n'est plus là. J'écoute d'autres élèves jusqu'à ce que la cloche sonne, là j'ai une pose de 15 minutes, je vais en profiter pour aller voir mes frères. Je vais au casier de James et Mat, ils le partagent comme on pouvait choisir. Ce que je vois là bas me fait crier. Mat est en plein c½ur d'une bataille. Avant la mort de maman, il n'aurait même pas pensé se battre, mais là il le fait. Je vois Kyle arriver plus loin. Il s'approche de la bataille et attrape Mat pendant que William prends l'autre. James lui arrive a côté de moi et dit tout bas :
- Mais qu'est-ce qu'on devient ?